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Les trois premiers mois

Masser au premier trimestre : pourquoi l’école dit non

Une raison physiologique, une raison professionnelle, et la façon de compter le terme sans se tromper de deux semaines.

Masser au premier trimestre : pourquoi l’école dit non
La position de l’école

Trois mois révolus, et pas avant

Beaucoup d’écoles laissent la question ouverte, avec des formules prudentes du type « sur avis médical ». Tizalé tranche : on ne masse pas une femme enceinte avant trois mois révolus.

Ce n’est pas une position frileuse. C’est une position argumentée, et elle repose sur deux raisons distinctes qu’il faut savoir séparer : une raison physiologique, et une raison professionnelle.

Les deux raisons

L’une concerne la cliente, l’autre vous concerne

01

Ce qui se joue dans le corps

Au premier trimestre, tout se forme. L’embryon s’implante, les organes se mettent en place, et le risque de fausse couche spontanée est à son maximum — il décroît nettement une fois le premier trimestre passé.

Dans ce contexte, il n’est pas question de travailler le bassin. Or le bassin est précisément la région que le massage périnatal sollicite le plus.

02

Ce qui se joue dans votre carrière

Une part importante des grossesses s’interrompt spontanément au premier trimestre, sans aucune cause identifiable. Cela signifie qu’une fausse couche peut survenir deux jours après votre séance sans le moindre lien avec elle.

Elle vous sera reprochée quand même. Et vous n’aurez aucun moyen de prouver le contraire.

Femme enceinte au début de sa grossesse
Compter juste

« Trois mois », à partir de quand ?

La confusion est courante et elle a des conséquences. Une grossesse se compte en semaines d’aménorrhée, à partir du premier jour des dernières règles, et non à partir de la conception. Les deux comptes sont décalés d’environ deux semaines.

Le premier trimestre court jusqu’à la quatorzième semaine d’aménorrhée environ. Demandez donc le nombre de semaines d’aménorrhée, pas « vous en êtes à combien de mois » : la cliente répondra en mois de grossesse, et vous ferez l’erreur de deux semaines au pire moment.

En cas de doute sur le terme, on reporte. Une semaine d’attente n’a jamais coûté une cliente.

Ce qu’on peut proposer à la place

Refuser une séance n’oblige pas à perdre la cliente

Une femme qui vous appelle à huit semaines est une femme qui vous appellera à vingt. Le refus se transforme en rendez-vous pris, pas en porte fermée.

  • Expliquer en une phrase pourquoi vous attendez, sans dramatiser
  • Proposer une date après le terme des trois mois révolus, et la bloquer tout de suite
  • Noter le terme prévu dans votre fiche cliente pour ne pas avoir à recompter
  • Lui rappeler que son suivi de grossesse reste le fait de sa sage-femme ou de son médecin
Questions fréquentes

Ce qu’on nous objecte

Une règle claire vaut mieux qu’un cas par cas

Quatre jours pour apprendre où passent les limites, et comment les tenir devant une cliente qui insiste.